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Pratique vocale

Le chant dans la classe

Les ressources d'accompagnement du programme pour l'éducation musicale, en ligne sur Eduscol, constituent un ensemble de documents qui définissent les enjeux liés à la place qu'occupe l'éducation musicale aux côtés des autres disciplines et en lien avec elles. Elles explicitent les fondamentaux et déclinent les perspectives didactiques qui sous-tendent son enseignement en réaffirmant son ancrage dans les deux champs du percevoir et du produire.

Sommaire

Les modalités proposées ici admettent bien des variantes : elles sont à lire d'abord comme des essais de réponse aux questions que se pose le maître.

Comment préparer l'apprentissage ?

Au niveau du maître

Aides possibles lors de la mise en œuvre :

Au niveau de élèves

Les préambules à l'apprentissage d'un chant, en classe ou à la chorale, visent des objectifs divers de préparation tant physique et sensorielle que psychologique. Cette phase préparatoire ne demande que quelques minutes, elle doit rester ludique et ne pas conduire à différer trop longtemps le moment de chanter. Elle peut débuter par quelques exercices d'étirements, de décontraction, de contrôle de son ancrage sur le sol (buste droit, sans raideur), ceci dans le silence et l'attention dirigée vers le maître, avec quelques exercices de sensibilisation à la respiration si on les maîtrise. Elle se poursuit par un échauffement vocal simple.
À titre d'exemple : quelques sons murmurés puis chantés en progressant vers l'aigu et en intensité, repris à différentes hauteurs d'une phrase syllabée du chant… Il faut veiller à conserver la musicalité des jeux vocaux pratiqués.

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Comment présenter le chant ?

Chaque fois que possible, il est préférable que la première présentation s'effectue par la voix de l'enseignant ; l'interprète communique ainsi mieux avec son auditoire, veillant à la qualité musicale, à la justesse, à l'interprétation.
Cette première présentation peut être suivie d'échanges courts avec les élèves et de brèves explications si nécessaire. Il est, dans d'autres cas, possible d'utiliser un chant enregistré. Ce recours à l'enregistrement peut se justifier en particulier pour des chants en langue étrangère, des chants à répondre, des chants à débit rapide, à effets expressifs très typés ou abordés par la danse, ou si le maître ne chante pas avec suffisamment de fiabilité. Dans tous les cas, on portera attention aux écoutes répétées et à la compréhension du texte.
Les chansons difficiles à interpréter par les classes en raison de leur style ou de leurs caractéristiques techniques peuvent néanmoins être mises au répertoire au travers d'activités d'écoute. C'est souvent à ce souci que répondent par exemple les publications proposées par "Les enfants de la zique".

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Comment conduire l'apprentissage ?

Les méthodes de transmission peuvent varier en fonction du répertoire et de l'âge des enfants.
En maternelle, on n'hésitera pas à s'écarter de l'approche méthodique décrite plus loin, en jouant sur de processus d'imprégnation répétitive comme lorsque le maître ou la maîtresse interprète, sans effet d'annonce, plusieurs fois dans la journée le chant choisi. C'est un mode d'appropriation d'ailleurs traditionnel hors de l'école, qui garde tout son intérêt. Cependant la méthode la plus courante (et nécessaire dès que le chant est un peu long) se base sur l'audition/répétition de fragments successifs en dialogue avec le maître. Ce dialogue construit le chant progressivement et méthodiquement.

Exemple
Soit un chant à quatre phrases musicales A-B-C-D, apprentissage de A, deux, trois quatre redites si nécessaire, sans commentaire entre les reprises) puis de B, puis A enchaîné à B, puis C mémorisé, puis enchaîné, etc., pour aboutir à A-B-C-D.

Cette transmission par un échange répété exemple/répétition est d'autant plus efficace que l'enseignant intègre ce processus alternatif dans une pulsation vivante, et qu'en fonction du texte, de l'intérêt musical, le dialogue garde la forme d'un jeu expressif. Le principe d'alternance des rôles (c'est à moi de chanter / c'est à vous), transmis par le geste (et non par des mots et commentaires) est à établir rigoureusement. L'enseignant veille d'ailleurs à ne pas céder dans cette phase d'apprentissage à son désir de soutenir les enfants en chantant. Ceci l'empêcherait d'entendre le groupe ou la classe, sachant que la correction des erreurs relevées immédiatement est plus facile, surtout si elle donne lieu à un jeu rectificatif plutôt qu'à un rabâchage lassant.

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Comment faciliter la mémorisation ?

L'apprentissage gagne à ne pas être conduit constamment en grand groupe. Varier les sollicitations (par petit groupe, individuellement, en classe entière) en partageant les phrases entre la classe et le maître, entre deux groupes, relance toujours la participation et soutient la mémorisation.
D'autres variations des modes de réponses, de façon combinée, renforcent l'efficacité :

Après l'essentiel de l'apprentissage du chant, un premier dialogue avec les enfants permettra l'analyse et la prise de conscience de ce qui a été réalisé. Dès ce moment, l'écoute d'essais enregistrés devient aussi utile à cet effet.
Par ailleurs, chanter au quotidien, dès cette première construction de chant, par des reprises courtes, favorisera l'effet de mûrissement, à condition de veiller à ne pas laisser s'installer des erreurs.
Rester attentif dès le début à la diction du texte, aux premières nuances, à la dynamique, source de musicalité, au plaisir de s'engager vocalement.

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D'autes modalités d'apprentissage sont-elles utilisables ?

Les pratiques qui relèvent plus généralement de l'imprégnation par imitation répétée ont déjà été évoquées pour l'école maternelle.
À tout niveau, dans ce même registre, on peut aussi mentionner :

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Comment traiter les difficultés les plus courantes ?

Les difficultés rythmiques

Le travail corporel est indispensable en utilisant selon les besoins et en combinaison : le marquage de la pulsation, le parlé rythmé (de préférence avec le texte), les rythmes frappés, les déplacements (qui pourront, mais ultérieurement, se prolonger en chorégraphie).

Les difficultés mélodiques

La longueur d'un chant

Mieux vaut consacrer le temps nécessaire à l'apprentissage du premier couplet, l'apprentissage des autres couplets va en général ensuite bien plus vite.

Les enfants qui manifestent des difficultés vocales

Certains enfants ne parviennent pas à chanter à l'unisson de leurs camarades. Le temps des jeux vocaux, dès la séquence d'échauffements (par exemple, jeu des fusées sonores, de "la sirène") peuvent rapidement amener certains enfants à trouver leur voix chantée. D'autres résisteront plus longtemps, leur participation "immergée" dans le groupe qui chante est à encourager par une attitude attentive, accueillante et non culpabilisante.

Des aides techniques complémentaires :

Écouter un enregistrement de la classe. C'est un puissant stimulant de la qualité de production si les enfants sont entraînés à l'audition critique et débattue.

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Chanter seulement ou interpréter des chants ?

Tout au long de l'apprentissage, le souci de musicalité reste présent, mais l'interprétation constitue une phase nécessaire, qui ne sera pas synonyme d'artifice. Elle met en jeu, par discussion, un travail sur les nuances, le tempo, les attaques, les dispositifs (solistes, groupes), voire l'accompagnement (percussions simples, par exemple), le mime ou la mise en scène. Les capacités inventives des enfants peuvent conduire à des quasi-réinterprétations et donner naissance, tant pour le texte que pour la musique, à des pièces originales.
La bande orchestre peut ici intervenir également, si elle est de bonne qualité musicale. Elle nécessite une bonne connaissance du chant, dans ses différentes facettes, le repérage de l'introduction, des "ponts" entre couplets, des "ralentis" éventuels et une appropriation par le chant intérieur avant de chanter avec cet accompagnement enregistré.
Cette modalité restreint bien sûr la liberté d'interprétation. Bien plus riche, musicalement et humainement, sera l'accompagnement par un ou des instrumentistes (école de musique, parents, partenaires de projets…).

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Une progression vers la polyphonie

Le programme d'éducation musicale propose explicitement au cycle 3 une initiation au chant en canon et à la polyphonie. Cet aspect du programme semble souvent pour les enseignants d'une grande difficulté technique. Cependant, dans le même temps, le constat est que des enfants de cet âge, et même plus jeunes (dès le cycle 2), sont capables, à la suite d'une approche progressive et régulière, d'atteindre avec succès ces objectifs.
Ces réussites tiennent :

Les grandes étapes ici précisées ne définissent pas un cheminement unique, elles traduisent seulement les principaux paliers de compétences à atteindre. Chacune de ces étapes se doit d'ailleurs d'être nourrie d'exercices variés et gradués, eux-mêmes à organiser en progression basée sur le nombre des compétences mises en jeu simultanément et leur degré de difficulté.

Précisons que dans toute cette approche les profits tirés de l'écoute sont décisifs : écoute des productions de la classe, de petits groupes, écoute aussi d'exemples (empruntés y compris à la musique savante) propres à illustrer les procédés qu'on utilisera (voix, dialogues, bourdons, ostinato, canons…).

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Chanter un même chant en plusieurs parties enchaînées

Cette première étape est indispensable. Des groupes enchaînent les parties successives du chant, de façon programmée, puis inopinée. Ces alternances conduisent l'enfant à préparer son intervention propre, requièrent écoute et concentration et, surtout, entière anticipation corporelle. Ce sont en parallèle autant d'occasions naturelles de jeux expressifs sur sa propre partie.
Cette phase préalable, qui ne confronte pas encore l'élève à la polyphonie, débute dès l'école maternelle. Elle concrétise la compétence "tenir sa place dans des activités collectives et intervenir très brièvement en soliste".

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Recourir au bourdon et à l'ostinato

Le bourdon est la tenue d'une note pendant tout le morceau. L'ostinato est une formule rythmique ou mélodique qui se répète régulièrement (chacun connaît l'exemple célèbre de l'ostinato du Boléro de Ravel, joué perdant toute la pièce par les percussions).
La mise en place d'une note en bourdon, à choisir dans l'harmonie du chant, permet à l'enfant d'expérimenter avec contrôle la tenue d'une production personnelle différente de la production dominante. Toutefois, cette exigence, difficile à remplir avec justesse dans la durée, trouve vite ses limites.

Le travail le plus fécond à ce stade consiste à extraire d'un chant déjà connu un fragment de texte pour en faire un ostinato.
Le recours à l'ostinato offre de nombreuses variantes progressives. Il est souhaitable d'utiliser d'abord un ostinato frappé et parlé, puis chanté en bourdon sur une même note, sur une seule syllabe, ou avec le texte. Pour un chant nouveau, l'ostinato à retenir peut d'abord être découvert dans une version enregistrée du chant (où il peut parfois figurer instrumentalement) ou présenté par l'enseignant et faire l'objet d'une appropriation par tous les procédés classiques d'apprentissage d'une phrase musicale (reprendre avec toutes les nuances, enchaîner par groupes, en furet individuel, etc.).
Il est toujours intéressant d'utiliser ensuite l'ostinato bien mémorisé, soit en introduction du chant, soit comme liaison avec les couplets, voire de le renforcer par des instruments simples (percussions, lames sonores…).

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La pratique de chants en canon

C'est un seuil décisif, le pas obligatoire d'avancement vers la polyphonie puisqu'il marque la capacité à chanter en écoutant d'autres voix sans se laisser perturber par elles. Les compétences nécessaires pour chanter en canon supposent, outre l'écoute partagée, l'intégration la plus forte possible par l'enfant de la pulsation du morceau chanté.
Plusieurs phases dans la mise en place de canons sont à observer et à combiner pour asseoir progressivement les compétences visées.

Le recours à des évolutions, des gestes différenciés associés aux phrases à enchaîner de façon décalée viennent utilement renforcer l'automatisation de la mise en place. Il est bon de placer deux ou trois enfants par rotation en position d'auditeurs.
Dans tous les cas, le maître marque la pulsation avec précision et indique les départs comme l'arrêt.
En fonction de l'entraînement des élèves, des capacités de l'enseignant et des concours qu'il peut obtenir, des canons plus complexes sont envisageables, intégrant parfois une "mise en scène" jouée corporellement.

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Accéder au chant à deux voix

C'est le prolongement final de ce travail régulier et progressif. Cette étape débutera de préférence avec des pièces dont la deuxième voix est nettement contrastée par rapport à la première, constituant une forme prégnante par le texte, le rythme, la mélodie.
Une mise en place bien stabilisée de la première voix pour tous est souvent un préalable efficace. Le maître peut alors, par exemple, présenter la deuxième voix tandis qu'un groupe d'enfants chante la mélodie principale, les autres écoutant. Intervient ensuite l'apprentissage de la deuxième voix selon les modalités habituelles.
Il convient dans les cas courants d'éviter l'usage de chants à deux voix parallèles (différant seulement par la hauteur), sauf soutien instrumental particulier. L'accès au chant à deux voix exige que le maître puisse, en soutien si nécessaire, passer d'une voix à l'autre.
Les grandes étapes ici dessinées méritent adaptation, enrichissements et variantes en fonction de la structure de chaque chant.
Les fichiers du réseau des centres régionaux et départementaux de documentation pédagogique, les publications des CPEM des différentes académies, certaines offres des éditeurs privés reprennent ces étapes, assorties des procédures détaillées nécessaires à la mise en œuvre d'exemples nombreux.

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© Direction des services départementaux de l'éducation nationale du Val-de-Marne - 2006 - mise à jour 10/02/2017

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